Bilan électoral?
Ce poids lourd du paysage politique gabonais ,né après la transition militaire au pouvoir entre 2023 et 2025, a presque tout raflé au sortir des élections législatives et locales de septembre 2025. L'UBD pèse 102 députés sur 145, 52 sénateurs sur 70 et 1 282 conseillers municipaux et départementaux sur 2 311, même si son implantation territoriale n'est véritablement intervenue que bien plus tard ,avec cette tournée nationale récente , lancée en avril 2026 par son Secrétaire exécutif, Mays Mouissi. Ce qui peut aisément se comprendre, puisqu'il cumule ce poste avec celui de membre du gouvernement. Une charge supplémentaire.
Implantation sur l'ensemble du territoire
Le parti fondé par Brice Clotaire Oligui Nguema est composé de 8 délégations provinciales, 35 communales, 38 départementales, 200 délégations de quartiers, 150 de villages et plus de 3 000 militants installés et responsabilisés. L’UDB devient donc après le PDG, le parti au pouvoir de l'ancien régime déchu, le parti le mieux implanté et structuré du Gabon en un an. Même s'il est vrai , qu'il regorge en son sein , une très forte dose de transhumants politiques ,anciens barons de l'ancien régime, qui étaient jusqu'à la veille du coup d'Etat de 2023, rebaptisé "coup de libération", des fervents soutiens indéfectibles d'Ali Bongo. Il faut donc saluer le leadership de son président fondateur, également président de la république, qui peut être considéré comme l'acteur majeur de cette réussite, parce qu'il semble être le seul garant de cette cohésion et autre inclusivité, au sein de cette nouvelle formation politique, qui a débouché sur cette mobilisation militante et cette forte adhésion populaire sur le terrain.
Quels sont les limites et les défis à venir?
Comme toutes organisations humaines ,l'UDB fait face à des rivalités internes ,à l'origine ,des conflits de leaderships dans certaines régions du pays et autres divisions locales, qui ralentissent la dynamique collective. On peut également noter une implication insuffisante de certains responsables du parti qui manquent de présence sur le terrain et de suffisamment d’engagement.
Plusieurs observateurs avertis de la vie politique, qui jettent un regard froid sur le parti des bâtisseurs, mettent en garde contre la tentation de reproduire les travers du Parti Démocratique Gabonais (PDG), notamment le clientélisme et le déficit de propositions concrètes. L'UDB se devrait d'être un laboratoires d'idées de gouvernance et de programmes pour la 5 -ème république et non pas un tremplin d'opportunités pour accéder rapidement à des positions politiques juteuses.
Propositions concrètes.
L'UDB doit non seulement miser sur la discipline interne ,c'est à dire ,renforcer la cohésion et réduire les rivalités personnelles, mais également
transformer sa domination électorale en résultats tangibles pour les citoyens, en termes de réformes sociales, économiques, infrastructurelles. Il lui faut en plus éviter de marginaliser la jeunesse et les femmes, en les intégrant davantage dans les cercles de décision. La Ligue des jeunes et des femmes doivent jouer ce rôle et s'imposer sur le terrain. Le seul gage de pérennité de ce parti sera celui de promouvoir une gouvernance transparente et participative, pour éviter de perdre la confiance populaire accordée lors des dernières échéances électorales.
UBD : quel bilan un an après sa création?
Un an après sa création le 5 juillet 2025, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB),le parti de Brice Clotaire Oligui Nguema, peut se vanter d' un bilan électoral très impressionnant, mais malheureusement, affiche des rivalités internes qu'il doit surmonter pour transformer sa domination politique en action concrète au service des citoyens.