La décision de dissolution de cette tendance et son intégration dans l’UDB a pour motif, la volonté d’unité et d’adaptation au nouveau cadre légal des partis politiques. La réforme des partis politiques au Gabon impose des regroupements pour plus de cohérence. Ndong Obiang a insisté sur le caractère « nécessaire » de cette fusion, rejetant l’idée d’un opportunisme. Le thème choisi lors de ce congrès, « Ensemble, planifions pour mieux décider », mettait en avant une logique d’unité nationale.
C’est donc une démarche d’unification pour renforcer l’UDB et pour clarifier le paysage politique. Mais de l’avis de certains observateurs politiques, cet acte est plutôt considéré comme « une capitulation habillée en conviction », et ils soulignent également que ce sont les batailles judiciaires perdues et des avantages ministériels du président de cette tendance qui auraient pesé dans la décision.
En effet, Le parti RÉAGIR a connu plusieurs démêlés judiciaires entre 2024 et 2025, révélant une profonde crise interne. La justice gabonaise a rejeté certaines requêtes de ses dirigeants et le conflit entre différentes factions a culminé avec des accusations de « forfaiture » autour du siège du parti.
Pour rappel, Persis Essono Ondo, désigné par François Ndong Obiang, comme président intérimaire de RÉAGIR, avait saisi le tribunal de Libreville avec comme objet de sa requête, la cessation de troubles causés par les membres du directoire de l’autre faction, notamment Jean Valentin Leyama. Persis Essono Ondo avait été débouté par la justice, le 11 décembre 2024.Cela avait eu pour conséquence un affaiblissement de son autorité. D’autres épisodes judiciaires ont continué à rendre impopulaire son leadership, comme cette affaire de vidage du siège du parti au quartier dit Bas de Gué-Gué à Libreville le 15 juillet 2025 en pleine procédure judiciaire. Plusieurs sources ont attribué cette manœuvre à François Ndong Obiang.
En rejoignant un parti déjà aligné avec le pouvoir, Ndong Obiang renonce à son autonomie, mais ses adversaires estiment qu’il est à la recherche d’une alternative politique et qu’il préfère se placer dans une position plus confortable au sein d’un parti dominant. Il s’agit d’un acte d’abandon, motivé par l’échec judiciaire et la recherche d’avantages institutionnels.
Cette fusion dans l’UDB intervient alors que le conflit qui oppose ces deux ailes du parti est encore en cours, avec un jugement attendu. Cette décision est perçue comme une tentative de prise de contrôle unilatérale, qualifiée de « forfaiture ».
L’UDB sort renforcée par cette absorption, tout en consolidant sa position dominante dans la recomposition du paysage politique gabonais sous l’effet des nouvelles lois et des rapports de force internes. D’autres petites formations vont certainement très prochainement suivre le même chemin tracé par REAGIR tendance François Ndong Obiang.
REAGIR tendance Ndong Obiang se fond dans l'UDB
Le parti RÉAGIR, tendance François Ndong Obiang a officiellement acté sa fusion-absorption avec l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) lors d’un congrès extraordinaire tenu le 28 mars 2026 à Libreville.