La célébration annoncée par les autorités à Makokou se veut une démonstration d’unité nationale et de légitimité du pouvoir issu du renversement d’Ali Bongo. Mais dans les rangs de l’opposition, le contraste est saisissant : “On ne peut parler de libération quand un adversaire politique croupit en prison pour un litige prescrit depuis plus de dix ans”, déclare un militant du parti Ensemble pour le Gabon.
Entre fête et malaise
À Makokou, chef lieu de la province de l'Ogooué Ivindo, dont est originaire l'ancien Premier ministre, les préparatifs battent leur plein : défilés militaires, concerts populaires et discours officiels sont attendus pour marquer l’événement. À Libreville, la détention prolongée de Bilie-By-Nze alimente un sentiment de crispation et d’injustice . Des voix s’élèvent un peu partout dans l'opinion nationale ,sur la toile et dans la diaspora, pour dénoncer une “célébration tronquée” qui occulte la question des droits humains.
Résonances internationales
La France, partenaire historique du Gabon, reste silencieuse malgré les appels répétés des avocats de Bilie-By-Nze et certains parlementaires . Les ONG, elles, alertent sur le risque d’un “vernis démocratique” masquant une répression politique.
Un pays à deux visages
Makokou s’apprête donc à vibrer au rythme des festivités, symbole d’une nouvelle ère voulue par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Mais à Libreville, l’affaire Bilie-By-Nze rappelle que la “libération” reste inachevée pour une partie de la population.
Makokou célèbre, Libreville s’interroge
Alors que la ville de Makokou se prépare à commémorer le “coup de la libération” du 30 août 2023, l’affaire Alain-Claude Bilie-By-Nze continue de jeter une ombre sur le climat politique national. L’ancien Premier ministre du régime déchu, devenu opposant majeur, demeure détenu à la prison centrale de Libreville depuis plus de quatre mois, dans des conditions dénoncées par ses avocats comme arbitraires et inhumaines.