Les coupures d’électricité répétées à Libreville et dans le Grand Libreville perturbent fortement le commerce nocturne. Elles plongent les quartiers dans l’obscurité, réduisent l’activité économique et favorisent l’insécurité. Les commerçants doivent s’adapter avec des générateurs, mais beaucoup subissent des pertes importantes.
Cette situation qui perdure impacte considérablement la vie quotidienne. Les ménages doivent réorganiser leurs activités, limiter l’usage des appareils électriques et gérer l’électricité de façon prioritaire. Les délestages paralysent les boutiques, les bars et restaurants, qui perdent clients et revenus. Les commerçants de nuit sont particulièrement touchés. L’absence d’éclairage public et domestique peuvent favoriser des vols, des agressions et autres formes de criminalité dans les quartiers populaires.
Pour contrer ces désagréments journaliers, certains commerces investissent dans des groupes électrogènes pour maintenir leurs activités nocturnes, mais le coût du carburant reste élevé. Beaucoup de petits commerces ferment plus tôt pour éviter les risques liés à l’insécurité pendant que d’autres entrepreneurs testent des solutions solaires pour l’éclairage et la réfrigération, mais ces initiatives restent très limitées.
Les risques et conséquences sont nombreux, même si une étude chiffrée n’a pas encore été réalisée à ce jour. Sur le plan économique, on peut constater sur la base des témoignages recueillis, une baisse du chiffre d’affaires, la perte des produits périssables et le ralentissement de la vie nocturne. Les habitants, au plan social se sentent contraints de rester chez eux dès la tombée de la nuit, ce qui réduit la convivialité et les échanges. Enfin au plan sécuritaire, les délestages créent un “black-out” propice aux réseaux criminels, notamment dans les quartiers périphériques
Les délestages au Gabon ne sont pas seulement un problème technique, ils affectent directement l’économie nocturne, la sécurité urbaine et la qualité de vie des habitants. Les solutions actuelles (générateurs, panneaux solaires, adaptation des horaires) restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène.
Le gouvernement n’est pas insensible à ce problème récurrent, plusieurs solutions sont mises en œuvre. La SEEG a lancé un plan de redressement 2025‑2028 pour moderniser le réseau et accroître la production. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a convoqué une réunion de crise le 03 mars 2026 avec la SEEG, le groupe SUEZ et le ministère de l’Accès universel à l’eau et à l’électricité pour accélérer les solutions. Le plan proposé par la SEEG est ambitieux mais ses effets ne seront visibles qu’à moyen terme.
Pour l’heure, face à l’urgence, pour accompagner efficacement le commerce de nuit face aux délestages, l’État gabonais doit combiner des mesures énergétiques et économiques ciblées. Il s’agit de subventionner l’achat d’équipements alternatifs pour aider les commerces nocturnes à acquérir des générateurs, batteries et kits solaires, renforcer l’éclairage public solaire, c’est-à-dire d’installer des lampadaires solaires dans les zones commerciales pour réduire l’insécurité lors des coupures, créer des mini‑réseaux locaux en développant des petites centrales solaires ou hybrides pour alimenter les quartiers à forte activité nocturne et garantir en accord avec la SEEG, une priorité d’alimentation pour les zones stratégiques (marchés, bars, restaurants).
Le gouvernement est également invité à prendre des mesures économiques et sociales, telles que des exonérations fiscales accordées aux établissements nocturnes, rééchelonnement de dettes fiscales pour alléger la trésorerie des commerces touchés par les pertes liées aux délestages, créer un fond de soutien spécial pour compenser les pertes des commerces nocturnes lors des longues coupures et instaurer une plateforme de concertation entre l’État, la SEEG et les collectifs de tenanciers pour ajuster les mesures.
Les mesures de sécurité ne sont pas en reste. Il faut nécessairement des patrouilles renforcées pour assurer une présence policière accrue dans les zones commerciales pendant les délestages et installer des dispositifs de surveillance alimentés par énergie solaire pour sécuriser les espaces publics.
L’État doit agir à court terme avec des mesures de soutien direct (subventions, exonérations, sécurité) et à long terme avec des réformes énergétiques structurelles (modernisation du réseau, diversification des sources). Cela permettrait non seulement de réduire l’impact des délestages, mais aussi de préserver la vitalité économique et sociale du commerce de nuit.
Les délestages du Grand Libreville affectent le commerce de nuit
Les coupures d’électricité répétées à Libreville et dans le Grand Libreville perturbent fortement le commerce nocturne. Elles plongent les quartiers dans l’obscurité, réduisent l’activité économique et favorisent l’insécurité. Les commerçants doivent s’adapter avec des générateurs, mais beaucoup subissent des pertes importantes.