Silence numérique au Gabon : quand l’État joue la montre. - Politique

Silence numérique au Gabon : quand l’État joue la montre.

Silence numérique au Gabon : quand l’État joue la montre.

Le Gabon vit depuis déjà cinq mois dans un silence numérique, marqué par une suspension généralisée des réseaux sociaux. Cette mesure, décidée par les autorités de la 5 -ème république , plonge le pays dans une parenthèse digitale inexpliquée, qui suscite toujours de vives réactions au sein de la population, obligée de subir les lourdes conséquences de l'utilisation des VPN.

Cinq mois déjà que les réseaux sociaux sont suspendus au Gabon, même s'ils demeurent accessibles grâce à l'utilisation des VPN. Le gouvernement, via le communiqué de la HAC ( Haute Autorité de la Communication),avait justifié cette décision par des « impératifs de sécurité nationale », évoquant la nécessité de prévenir la diffusion de fausses informations et de maintenir l’ordre public. Il ne s'embarrasse pas lui même pour autant de communiquer vigoureusement et activement par ce même canal , pour alimenter l'actualité politique sur la toile.

Pour de nombreux citoyens sous couvert de l'anonymat, ce silence numérique est perçu comme une atteinte grave à la liberté d’expression et un frein à l’activité économique. Les entreprises, notamment celles dépendant du commerce en ligne , voient leurs activités paralysées et dénoncent des pertes financières considérables, même si elles ne sont pas encore chiffrables et perceptibles, faute d'enquêtes et d'études sérieuses par des instituts habilités , qui affectent considérablement leur quotidien. Ces opérateurs économiques craignent une baisse de confiance des investisseurs étrangers.

Les organisations de défense des droits numériques appellent à un dialogue entre l’État et la société civile, afin de trouver des solutions équilibrées qui garantissent à la fois la sécurité et le respect des libertés fondamentales. Celles qui s'intéressent aux questions de défense des droits humains dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et au droit à l’information. Pour elles, le silence numérique constitue un outil de contrôle politique qui fragilise la démocratie. Un nouveau code de la communication ,incluant les réseaux sociaux a pourtant été adopté par ordonnance, pourtant rien ne semble toujours bouger.

Le recours à l’utilisation des VPN reste la seule solution "miracle", mais comporte des limites et des risques. Les VPN ne sont que des réponses palliatives qui protègent la connexion , masquent l’adresse IP et permettent de contourner certaines restrictions, mais n’empêchent nullement le suivi publicitaire ni la collecte de données par les sites eux‑mêmes. Il est en effet illusoire de penser qu'on reste dans l'anonymat total grâce au VPN ,car les les réseaux sociaux et les services en ligne collectent nos données et l’entreprise qui gère le VPN peut voir toutes nos activités et les exploiter. Certains VPN présentent également des failles de sécurité et sont la cible des pirates et sont devenus un marché florissant , qui malheureusement ne profitent pas à l'Etat.

Dans les pays où l’État impose des silences numériques ou des censures, les VPN deviennent des outils de résistance, mais son usage massif traduit une méfiance croissante envers les institutions et les géants du numérique, révélant une fracture entre citoyens et régulateurs.

Face au silence numérique, l'Etat ne doit pas prolonger l'épreuve et jouer la montre ,car cela pourrait fragiliser davantage le climat social ,avec le risque d’alimenter les frustrations et les tensions. Le sentiment dominant dans les rues de la capitale est celui d’une attente devenue très pesante. Les citoyens espèrent un rétablissement à la normale des réseaux sociaux , afin de retrouver un espace de communication ouvert et de préserver la confiance entre gouvernants et gouvernés.
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