Ce morceau, classé dans le style musical Elone, un rythme traditionnel et populaire originaire de la culture Fang du Gabon, qui se caractérise par sa cadence entraînante et propice à la danse, fait polémique sur la toile depuis sa sortie, courant juin juillet 2026. Cette chanson ainsi que son clip officiel ,enflamment les réseaux sociaux et suscitent un vif débat de société dans le pays.
Les retours oscillent entre d'un coté la célébration de la liberté artistique et d'un rythme qui fait bouger le public et de l'autre l'indignation d'une partie des internautes qui y voient une banalisation de certains comportements et s'interrogent par la même occasion sur l'impact de son message sur la jeunesse et les mœurs. D'aucuns poussent même le bouchon plus loin en parlant "d'apologie de la pédo-criminalité".
Pour ses défenseurs, en majorité de son origine ethnolinguistique, qui s'essayent de le traduire et de véhiculer fidèlement et correctement sa pensée, afin de le placer dans son contexte , ce chant est une célébration de la culture fang et de la danse Elone, symbole d’identité et de transmission intergénérationnelle. Ils y voient une manière de réhabiliter les traditions à l'heure où la modernité tend plutôt à les marginaliser. La petite partie de cette chanson qui retient toute l'attention de l'opinion et qui indique qu'une relation sentimentale ou amoureuse peut s'établir à partir de 15 ans est mal interprétée , car elle ne mentionne nullement la pratique de l'acte sexuel à partir de cet âge. Elle invite par contre la jeunesse scolarisée à se connaitre, à s'étudier et à se fréquenter avant d'envisager une vie commune dés l'âge de la majorité.
Mais pour ses détracteurs les plus farouches , ce passage de la chanson véhicule plutôt un message assez ambigu. Ces internautes , bloggeurs et influenceurs , estiment que l’expression « l’amour n’a pas d’âge » pourrait être interprétée de façon problématique, et dénoncent une instrumentalisation des traditions à des fins de provocations ,de déviances de comportements de la part d'une certaine catégories de personnes, qui pourront profiter de ce buzz médiatique, pour poser des actes repréhensibles .
Les anthropologues et autres spécialistes qui ne sont pas restés indifférents face à cette polémique qui ne finit pas et n'est pas prêt à s'achever pendant cette période estivale propice aux retrouvailles communautaires, rappellent que la danse Elone est avant tout une pratique culturelle ancestrale, liée aux rites et aux festivités communautaires. « Il faut replacer ces chants dans leur contexte historique et symbolique », a expliqué un chercheur de l’Université Omar Bongo, qui n'a pas voulu se prononcer ouvertement pour l'instant pour des raisons personnelles, tout en soulignant que les réseaux sociaux tendent à déformer les significations originelles.
Cette polémique illustre la tension croissante entre préservation des traditions et perceptions contemporaines, dans un pays où la culture reste un pilier identitaire, mais se retrouve souvent au cœur de débats sociétaux.
« L’amour n’a pas d’âge » : une chanson de la danse traditionnelle Elone qui fait polémique au Gabon.
Une chanson intitulée « L’amour n’a pas d’âge », inspirée de la danse traditionnelle Elone de l'artiste Johaness-Show, suscite un vif débat sur les réseaux sociaux gabonais. Diffusée récemment sur TikTok et Facebook, elle a rapidement gagné en popularité, mais aussi en critiques.